Réinventez la gestion des IJSS : maximisez vos recouvrements

Maîtrisez vos arrêts de travail, suivez en temps réel vos remboursements IJSS et gagnez en efficacité.

Ferway plateforme rémunération

Boostez votre trésorerie : optimisez et recouvrez davantage

Réduisez les erreurs, automatisez vos processus et suivez l'état de vos dossiers en temps réel pour augmenter votre taux de recouvrement.

Piloter autrement vos arrêts de travail et IJSS

Une solution tout-en-un pour une gestion optimale de l'ensemble du processus.

check
Automatisez et optimisez de bout-en-bout le processus de subrogation
check
Augmentez votre taux de recouvrement des IJSS
check
Réduisez les risques, les erreurs et les inexactitudes
check
Suivez l’évolution des arrêts en cours et identifiez facilement les actions à mener

Calculez ce que vous fait gagner Klem

Nombre de salariés
1000
0
1 000
2 000
3 000
4 000
5 000
Klem vous permet de récupérer jusqu'à :
+
450 000
€
Demander une démo
Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.

Gestion fiable des arrêts et suivi en temps réel

Assurez-vous de la précision et de l'efficacité de vos remboursements IJSS grâce à une gestion automatisée et suivi instantané.

automation
Traitement des arrêts
Automatisez et sécurisez chaque étape.

Automatiser et fiabiliser la gestion des arrêts

Intelligence artificielle de lecture de documents.

check
Collecte des arrêts sur un espace sécurisé
check
Saisie automatique des informations des arrêts
check
Création des attestations de salaire
folder_open
Gestion des arrêts
Simplifiez et centralisez vos processus.

Centralisez et
simplifiez la gestion
des arrêts

Gérez efficacement les arrêts de travail au
quotidien et gagnez du temps grâce à une
plateforme unique de suivi.

check
Récupération des DSN et des BPIJ
check
Calcul du précompte des IJ
check
Identification des IJ non recouvrées
event_available
Recouvrement des arrêts
Suivez vos dossiers en temps réel.

Suivez vos recouvrements IJSS
en temps réel

Suivez les remboursements et visualisez
simplement les actions à mener avec des
tableaux de bord personnalisés.

check
Création des dossiers de suivi
check
Identification des actions à réaliser selon
le motif du rejet
check
Mise à jour automatisée des statuts des
dossiers

Nos derniers articles

Absentéisme

IJSS subrogées : cinq indicateurs pour savoir s'il est temps d'externaliser

2/11/2026

IJSS subrogées : cinq indicateurs pour savoir s'il est temps d'externaliser

Pratiquer la subrogation, c'est avancer le salaire pendant l'arrêt puis récupérer les IJSS auprès de la CPAM. Sur le papier, l'opération est neutre. Dans les faits, l'employeur fait l'avance de trésorerie, porte seul le risque administratif et découvre parfois, des mois plus tard, qu'une partie des sommes ne reviendra jamais. Absentéisme record, arrêts plus longs, prescriptions désormais plafonnées : la pression monte sur les services paie. Faut-il pour autant externaliser ? La réponse tient moins à la taille de l'entreprise qu'à trois données que peu d'entre elles suivent réellement : le taux de recouvrement, le montant des IJSS en attente et le temps que les équipes paie y consacrent.

Gestion des IJSS : une chaîne à six maillons

On résume volontiers la subrogation à une ligne sur le bulletin de paie. Elle mobilise en réalité six étapes successives, et chacune peut gripper le remboursement.

  • À la réception de l'arrêt : récupérer l'arrêt, le saisir, l'archiver, anticiper la visite de reprise, obligatoire après 60 jours d'arrêt pour maladie ou accident non professionnel.
  • Pour la déclaration : transmettre le signalement d'arrêt de travail en DSN, qui tient lieu d'attestation de salaire, traiter les rejets, calculer la subrogation.
  • Pour le recouvrement : repérer les écarts entre ce qui a été avancé et ce qui a été versé, appeler la CPAM, relancer les salariés, envoyer des attestations rectificatives, gérer les cas particuliers comme le temps partiel thérapeutique ou l'invalidité.
  • Côté comptable : rapprocher les versements CPAM avec la paie et la comptabilité, suivre les indus.
  • Pour la prévoyance : ouvrir les dossiers dans les délais, suivre les paiements, relancer l'assureur.
  • Pour le suivi : produire le reporting et analyser les absences.

Il suffit d'une pièce manquante ou d'un décalage de dates pour que le dossier se fige. Le salarié lui-même peut enrayer la mécanique. L'avis d'arrêt papier doit parvenir à la CPAM dans les 48 heures : au premier retard, la caisse adresse un simple avertissement ; en cas de récidive dans les 24 mois, les IJ correspondant à la période écoulée entre la prescription et l'envoi sont réduites de moitié (article D. 323-2 du Code de la sécurité sociale). Un avis reçu après la fin de l'arrêt n'ouvre droit à aucune indemnisation. Dans tous les cas, l'entreprise a déjà versé le salaire.

« La subrogation n'est pas "un problème de paie". C'est un sujet de process, de flux… et d'organisation », insiste Christophe Boulon, directeur Gestion de l'absence et risques professionnels du Groupe Spartes.

Pourquoi les risques de non-recouvrement des IJSS subrogées augmentent-ils ?

Trois évolutions, qui se cumulent, rendent cette chaîne de gestion plus difficile à tenir pour les équipes RH et paie.

Plus de volume à piloter. Le taux d'absentéisme a atteint 4,76 % en 2025 dans le secteur privé, selon le Datascope 2026 d'AXA, établi à partir des DSN de 3 millions de salariés. Un record, 50 % au-dessus du niveau de 2019. Chaque arrêt supplémentaire, c'est un dossier de plus à ouvrir, à suivre et à solder.

Des arrêts longs plus nombreux, donc plus complexes. Les arrêts de plus de 30 jours concentrent 75,7 % des journées d'absence en 2025, selon l'étude Absentéisme 2026 de Malakoff Humanis. Le Datascope d'AXA dresse le même constat : les arrêts de plus de deux mois pèsent à eux seuls plus des deux tiers du taux global. Un arrêt long sort du cycle de paie mensuel, s'étale sur plusieurs mois et fait entrer en jeu la prévoyance, avec ses propres règles : chaque contrat fixe un délai pour déclarer l'arrêt à l'assureur, et le dépasser peut compromettre l'indemnisation.

« C'est souvent là que les entreprises décrochent. Elles comprennent très bien l'absentéisme. Ce qui leur manque, c'est une organisation capable de tenir un même dossier pendant six, huit ou douze mois sans le perdre de vue », observe Christophe Boulon.

Des règles qui changent. Depuis le 1er septembre 2026, en application de l'article 81 de la LFSS pour 2026 et du décret n° 2026-498 du 12 juin 2026, un arrêt maladie initial ne peut excéder 31 jours et chaque prolongation 62 jours, sauf justification médicale. Pour un même arrêt long, les avis de prolongation vont donc se succéder. Ils n'appellent pas systématiquement un nouveau signalement DSN, encore faut-il que les gestionnaires sachent distinguer une prolongation d'un nouvel arrêt.

Le plafond de trois jours pour les arrêts prescrits en téléconsultation existait déjà depuis 2024. La loi du 25 juin 2026 relative à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, en vigueur depuis le 27 juin, va plus loin : un seul renouvellement à distance est désormais admis, sauf prescription par le médecin traitant ou la sage-femme référente, ou impossibilité justifiée de consulter en présentiel.

Enfin, les plafonds d’indemnisation se resserrent. Le salaire retenu pour le calcul des IJ maladie est plafonné à 1,4 SMIC depuis le 1er avril 2025. Après la revalorisation du SMIC au 1er juin 2026, l’IJ maximale atteint 42,97 € bruts par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026. Les arrêts pour accident du travail ou maladie professionnelle suivent la même logique : pour les sinistres survenus à compter du 1er novembre 2026, le salaire journalier retenu est plafonné à 108,62 €, soit environ 1,8 SMIC, contre 400,82 € auparavant (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026). L’IJ AT/MP maximale passe ainsi de 240,49 € à 65,17 € bruts par jour pendant les 28 premiers jours, puis de 320,66 € à 86,90 € à partir du 29e jour. Au-delà de ces plafonds, tout ce que la Sécurité sociale ne couvre pas bascule sur le maintien de salaire ou sur la prévoyance.

Recouvrement des IJSS : cinq indicateurs pour faire le point

Pour Christophe Boulon, tout commence par la visibilité : « À partir du moment où l'on ne sait plus distinguer clairement ce qui a été perçu, ce qui reste à recouvrer, et ce qui est potentiellement perdu, on ne pilote plus vraiment la subrogation. On la subit. »

Avant même de parler d'externalisation, cinq mesures suffisent à poser un diagnostic objectif.

  1. Le taux de recouvrement. C'est la part des IJSS avancées qui ont effectivement été remboursées. Pour Christophe Boulon, « le seuil de confort est fixé à 95 % ; l'objectif à viser dépasse 98 %. Sous les 95 %, les pertes ne relèvent plus de l'accident : elles sont devenues structurelles. »
  2. L'encours d'IJ. Il mesure, en nombre de jours, les indemnités avancées et toujours pas remboursées. Il s'établit en moyenne à 75 jours en France. Chaque jour d'encours, c'est de la trésorerie immobilisée et un risque de perte qui s’accroit.
  3. Le temps passé par les équipes. La gestion du recouvrement représente environ 0,5 équivalent temps plein pour 1 000 salariés. Au-delà, le surcroît de temps passé à cette gestion révèle presque toujours des rattrapages et des relances à répétition.
  4. L'ancienneté des dossiers en attente. L'action en paiement des IJ se prescrit par deux ans à compter du premier jour du trimestre suivant celui auquel elles se rapportent (article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale).Selon la date de l'arrêt, l'entreprise dispose donc de 24 à 27 mois pour les récupérer. Passé ce délai, l'avance devient une perte sèche. Un dossier en souffrance depuis six mois n'est donc pas un simple retard : c'est une alerte.

« Les organisations les plus à l'aise sur le sujet ne changent pas les règles. Elles raccourcissent leur délai interne : elles se donnent un rythme de traitement plus proche, plus lisible… et ça réduit mécaniquement le rattrapage », constate Christophe Boulon.

  1. Le respect des délais de prévoyance. Combien de dossiers ont été déclarés hors délai à l'assureur l'an dernier ? Avec le plafonnement des IJ maladie et AT/MP, la prévoyance prend en charge une part croissante de l'indemnisation des salaires élevés, au point de dépasser nettement les IJSS. Un dossier déclaré trop tard coûte donc cher.

« Le taux de recouvrement, tout le monde en parle. Les délais de prévoyance, presque personne ne les suit. C'est pourtant là que se nichent les pertes les plus lourdes sur les cadres », relève Christophe Boulon.

Externaliser la gestion des IJSS : six signaux qui ne trompent pas

Aucun de ces signaux, pris isolément, ne suffit à justifier une externalisation. C'est leur accumulation qui doit alerter.

  • Le taux de recouvrement est sous 95 %, ou vous ne savez pas le calculer. C'est en soi un signal.
  • Des dossiers anciens se sont accumulés et personne n'a le temps de les reprendre avant la prescription.
  • Le volume est important : à titre indicatif, plus de 1 000 salariés ou plus de 500 000 € d'IJSS par an.
  • Le circuit est dilué entre plusieurs sites, managers, gestionnaires et outils, et personne n'a de vision d'ensemble.
  • Tout repose sur une ou deux personnes. Un départ ou une absence suffit à désorganiser le suivi.
  • Une période de changement arrive : nouveau SIRH, fusion, réorganisation de la paie. C'est souvent là que les dossiers se perdent.

« À ce stade, l'enjeu n'est plus de "gérer des absences". L'enjeu, c'est d'avoir une organisation capable d'absorber un flux », résume Christophe Boulon.

Quand il vaut mieux ne rien changer

L'externalisation n'a rien d'un passage obligé. Si votre taux de recouvrement dépasse 98 %, que l'encours reste bas et que l'équipe paie maîtrise le sujet, rien ne justifie de bousculer ce qui fonctionne. Un outil de suivi peut suffire à sécuriser l'existant et améliorer votre pilotage.

De même, si le problème tient surtout à un stock de dossiers anciens, une intervention ponctuelle pour les récupérer peut suffire, avant de décider s'il faut aller plus loin.

« Il nous arrive de conclure un diagnostic en disant au client qu'il n'a pas besoin de changer un processus qui fonctionne bien. Externaliser un process efficient, c'est payer pour sécuriser (voire se rassurer) ou alors, ça peut être une volonté du DRH de soulager ses équipes RH de tâches chronophages pour les recentrer sur des missions à plus forts impacts pour leur organisation », reconnaît Christophe Boulon.

Quel est votre taux de recouvrement des IJSS ?
Klem rapproche vos données de paie, de Net‑entreprises et de comptabilité pour suivre chaque indemnité attendue, versée ou bloquée.

Demander une démo

Externaliser, ce n'est pas forcément tout déléguer

Externaliser ne signifie pas perdre la main. Trois niveaux d'intervention coexistent, du plus léger au plus complet.

  • Garder la gestion en interne, avec un outil de suivi : l'équipe paie reste aux commandes, mais elle voit en temps réel chaque arrêt, chaque IJ attendue et chaque écart.
  • Faire récupérer le stock par une mission ponctuelle : audit du processus, rapprochement des flux entre comptabilité, paie et Net-entreprises, relances CPAM priorisées selon la prescription, les montants en jeu et les chances de récupération, puis correction des dysfonctionnements identifiés.
  • Déléguer une partie ou la totalité de la chaîne, de la réception des arrêts jusqu'à la prévoyance et au reporting, avec un suivi dans la durée.

Le niveau d'externalisation doit s’adapter au besoin réel, à l’organisation de gestion déjà en place et non l’inverse : de l'autonomie complète jusqu'à une gestion de l'absence entièrement déléguée.

Cinq étapes pour préparer la décision

Quelques étapes fondamentales permettent de décider sur des bases solides.

  1. Mesurer l'existant : taux de recouvrement, encours, montant des IJSS en attente, âge des dossiers.
  2. Cartographier le circuit : qui reçoit l'arrêt, qui déclare, qui relance, qui rapproche. Les ruptures apparaissent vite.
  3. Choisir ce que vous gardez en interne : la relation avec le salarié, les validations, l'accès aux données.
  4. Définir le suivi attendu : quel reporting, à quelle fréquence, avec quels indicateurs.
  5. Prévoir la sortie : récupération des données et des dossiers si vous changez de prestataire ou réinternalisez.

Vous envisagez de confier tout ou une partie de la gestion de vos IJSS ?
Nos équipes peuvent récupérer les IJSS non recouvrées, puis prendre en charge le suivi au quotidien, de la réception des arrêts jusqu'à la prévoyance.

Nous contacter

Questions fréquentes sur la gestion des IJSS

Qu'est-ce que la subrogation des IJSS ?

C'est le mécanisme par lequel l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt et perçoit directement les indemnités journalières de la Sécurité sociale à la place du salarié. Elle suppose que le salaire maintenu, en tout ou partie, soit au moins égal au montant des IJ (article R. 323-11 du Code de la sécurité sociale).

Quel est un bon taux de recouvrement des IJSS ?

Un taux est satisfaisant à partir de 95 %. L'objectif à viser dépasse 98 %.

Combien de temps a-t-on pour récupérer des IJSS ?

Deux ans à compter du premier jour du trimestre suivant celui auquel se rapportent les indemnités, soit 24 à 27 mois selon la date de l'arrêt (article L. 332-1 du Code de la sécurité sociale).

Peut-on externaliser seulement une partie de la gestion des IJSS ?

Oui. On peut confier uniquement la récupération des dossiers anciens, ou certaines étapes seulement, comme le recouvrement ou la prévoyance, en gardant le reste en interne.

Quel est le montant maximum d'une IJ maladie en 2026 ?

42,97 € bruts par jour pour les arrêts débutant à compter du 1er juillet 2026, après la revalorisation du SMIC au 1er juin.

Quelle est la durée maximale d'un arrêt maladie depuis le 1er septembre 2026 ?

Un arrêt initial ne peut excéder 31 jours et chaque prolongation 62 jours, sauf justification médicale (décret n° 2026-498 du 12 juin 2026). Il s'agit de plafonds de prescription, pas d'une durée totale d'arrêt : un arrêt peut être prolongé aussi longtemps que l'état de santé le justifie. Les arrêts en cours au 1er septembre 2026 ne sont pas concernés.

Quel est le montant maximum d’une IJ AT/MP depuis le 1er novembre 2026 ?

Pour les accidents du travail et maladies professionnelles survenus à compter du 1er novembre 2026 : 65,17 € bruts par jour du 1er au 28e jour, puis 86,90 € à partir du 29e jour (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026).

‍

Absentéisme

Absentéisme en entreprise : comprendre ses causes pour réduire son coût

22/10/2026

En 2025, le taux d'absentéisme a atteint 4,76 % dans le secteur privé, un niveau supérieur de moitié à celui de 2019 selon le Datascope 2026 d'AXA. La tendance est installée, portée en grande partie par la dégradation de la santé mentale des salariés. Pourtant, selon Malakoff Humanis, 63 % des entreprises jugent la situation préoccupante, mais 55 % n'ont engagé aucune action. Pour réduire l'absentéisme durablement, il faut agir sur deux plans à la fois : limiter ses conséquences financières, notamment en récupérant les IJSS avancées, et comprendre ses causes, qui tiennent le plus souvent à l'organisation du travail.

Absentéisme en France : les chiffres 2025

Un niveau record, confirmé par plusieurs études

Le Datascope 2026 d'AXA, publié fin mars et établi à partir des DSN de 3 millions de salariés du privé, fixe le taux d'absentéisme à 4,76 % en 2025, en hausse de 5 % sur un an. L'étude 2026 de Malakoff Humanis, menée sur 3,8 millions de salariés, arrive à 4,3 %, soit 25,5 % de plus qu'en 2019. Près d'un salarié du privé sur trois (32 %) a été arrêté au moins une fois dans l'année.

Les deux chiffres diffèrent parce que les méthodes et les populations étudiées ne sont pas les mêmes. Mais les deux études décrivent la même tendance, et aucune n'annonce de palier.

Qui est concerné

L'absentéisme touche désormais des populations jusqu'ici relativement épargnées :

  • les femmes restent les plus exposées, avec un taux de 5,8 % (AXA) ;
  • les cadres gardent le taux le plus faible (2,8 %), mais il progresse de 8 % en 2025, après +9 % en 2024 (AXA). Selon Malakoff Humanis, il a augmenté de 35,2 % depuis 2019, et la durée moyenne de leurs arrêts est passée de 16,4 à 20,2 jours ;
  • chez les moins de 35 ans, l'absentéisme a augmenté de 10 % en un an (AXA).

Des arrêts plus longs, davantage liés à la santé mentale

La hausse ne vient pas des arrêts courts, les plus visibles, mais des arrêts longs. Selon AXA, les arrêts de plus de deux mois pèsent désormais plus des deux tiers du taux global. À l'inverse, les arrêts de 1 à 3 jours représentent 44 % des arrêts en nombre, mais moins de 0,2 % du taux d'absentéisme. Malakoff Humanis fait le même constat : les arrêts de 60 jours et plus ont encore augmenté de 4,9 % en un an et concentrent 63,8 % des jours d'absence.

Les troubles psychologiques sont devenus la première cause de ces arrêts longs. Chez les moins de 30 ans, ils en causent plus de la moitié (AXA). Selon Malakoff Humanis, la dépression et le burn-out représentent 37,8 % des arrêts de plus de 30 jours, une part en hausse de 25 % depuis 2020. Et la moitié des salariés concernés n'osent pas en parler au travail.

L'absentéisme change donc de nature : il devient plus psychologique, plus durable, et plus difficile à traiter avec les outils habituels.

Combien coûte l'absentéisme à une entreprise ?

Les coûts directs, la partie visible

AXA estimait en 2024 le coût moyen de l'absentéisme à 5,3 % de la masse salariale d'une entreprise. Ce calcul intègre surtout les coûts directs : maintien de salaire, remplacements, temps passé à gérer les arrêts.

À l'échelle nationale, l'Institut Sapiens estimait en 2018 le coût total de l'absentéisme à 108 milliards d'euros par an. En 2025, près de 18 milliards d'euros d'indemnités journalières ont été versés par l'Assurance maladie, selon les chiffres relayés par franceinfo.

Les coûts indirects et les coûts cachés

Cette estimation reste en dessous de la réalité, car elle ignore les coûts indirects : perte de productivité, désorganisation des équipes, turnover.

Jack Bernon et Guillaume Pertinant, dans Le sens de l'absence, vont plus loin : le coût de l'absence est souvent inférieur au coût du problème qui l'a provoquée. Ces causes ont leur propre coût, rarement visible dans les tableaux de bord RH : usure, épuisement, présentéisme, dégradation du climat social, perte de compétences, désengagement.

Vu sous cet angle, l'absentéisme n'est pas seulement un indicateur RH. C'est un indicateur de fonctionnement de l'organisation, et un levier réel de réduction des coûts.

Arrêts de travail et IJSS : ce qui change en 2026

Des arrêts limités dans le temps depuis le 1er septembre 2026

Depuis le 1er septembre 2026 (décret n° 2026-498 du 12 juin 2026), un arrêt de travail initial ne peut pas dépasser 31 jours, et chaque prolongation 62 jours, sauf justification médicale. Le médecin doit aussi indiquer le motif médical de l'arrêt, une information qui n'apparaît pas sur le volet transmis à l'employeur. Si ces règles ne sont pas respectées, la CPAM peut refuser de verser les indemnités journalières.

« Les entreprises vont devoir anticiper les renouvellements, ce qui multiplie les échanges entre salarié, service paie et CPAM, avec des risques d'erreurs plus importants », prévient Christophe Boulon, interrogé par Focus RH en septembre 2026.

Des arrêts en téléconsultation plus encadrés

Depuis la loi contre les fraudes sociales et fiscales du 25 juin 2026, un arrêt prescrit en téléconsultation est limité à 3 jours et ne peut être renouvelé qu'une fois à distance, sauf s'il est prescrit par le médecin traitant. Par ailleurs, quand le service médical de la CPAM n'est pas d'accord avec le médecin mandaté par l'employeur pour une contre-visite, il doit désormais en informer l'employeur par écrit.

Pour les services paie, cela veut dire plus de prolongations à suivre, et donc plus de risques de décalage entre les arrêts saisis en paie et les IJSS réellement versées.

Un plafond d'IJSS abaissé à 1,4 SMIC

Le salaire pris en compte pour calculer les IJSS maladie est plafonné à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant. Depuis la revalorisation du SMIC du 1er juin 2026, l'indemnité journalière maximale est de 42,97 € brut (ameli.fr). Pour les salaires au-dessus du plafond, la part restant à l'employeur ou à la prévoyance augmente. Chaque euro d'IJSS non récupéré pèse donc davantage.

Le plafond des IJ AT/MP a-t-il changé ?

Oui. Pour les accidents du travail et maladies professionnelles survenus à partir du 1er novembre 2026, le salaire de référence est plafonné à environ 1,8 SMIC (108,62 € par jour). L’IJ maximale tombe à 65,17 € par jour, puis à 86,90 € à partir du 29e jour (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026).

Premier levier : limiter les conséquences financières de l'absentéisme

Récupérer les IJSS avancées en subrogation

Quand une entreprise pratique la subrogation, elle maintient le salaire pendant l'arrêt et perçoit directement les IJSS à la place du salarié. Sur le papier, l'opération est neutre. En pratique, une partie des IJSS avancées n'est jamais récupérée : entre 15 et 20 % selon les estimations de Spartes.

« Les entreprises ayant mis en place la subrogation peinent à récupérer les indemnités qui doivent leur être versées lorsqu'elles ont maintenu le salaire de leur collaborateur durant son arrêt de travail », constate Christophe Boulon.

Les causes sont souvent les mêmes : arrêts transmis hors délai (le salarié a 48 heures), attestations incomplètes, rejets CPAM, prolongations mal suivies, rapprochements difficiles entre paie et versements. Et chaque blocage demande du temps : « Pour chaque dossier bloqué, le gestionnaire doit relancer le salarié, puis la CPAM », explique Christophe Boulon. Quand les volumes augmentent, les équipes paie finissent par laisser de côté les petits montants, et les dossiers vieillissent.

Le temps joue contre l'entreprise. Les IJ se prescrivent par deux ans à compter du premier jour du trimestre qui suit l'arrêt, soit 24 à 27 mois selon la date de l'arrêt. Au-delà, les sommes sont perdues.

Les arrêts longs, qui pèsent désormais l'essentiel de l'absentéisme, sont aussi les plus complexes à suivre : ils s'étalent sur plusieurs mois, sortent du cycle de paie mensuel et font intervenir la prévoyance.

Klem, l'expertise IJSS du Groupe Spartes, accompagne les employeurs sur le recouvrement et le pilotage de leurs IJSS, en s'appuyant sur un logiciel qui rapproche les données de paie, de Net-entreprises et de la comptabilité. Selon Christophe Boulon, ce rapprochement automatique permet de faire passer sous la barre des 2 % la part des IJSS non récupérées en gestion courante. Pour les dossiers passés, un audit sur les 27 derniers mois permet, selon Spartes, de récupérer en moyenne 50 % des sommes dues.

Combien d'IJSS restent à récupérer dans votre entreprise ?
Klem rapproche vos données de paie, de Net‑entreprises et de comptabilité pour suivre chaque indemnité attendue, versée ou bloquée.

Demander une démo

Articuler la gestion des arrêts avec la prévoyance

Un contrat de prévoyance bien calibré réduit les indemnités à la charge de l'employeur pendant les arrêts longs. C'est d'autant plus important avec la baisse du plafond des IJSS et AT/MP.

Sécuriser la gestion au quotidien

Plus d'absentéisme, c'est plus de charge pour les équipes paie et RH, et plus de risques d'erreurs : erreurs de paie et de DSN, non-conformités, IJSS perdues. Certaines entreprises choisissent d'externaliser tout ou partie de la gestion de l'absence, pour sécuriser leurs pratiques et recentrer leurs équipes.

Second levier : agir sur les causes de l'absentéisme

L'absence est moins un problème à combattre qu'un symptôme à comprendre. Les dirigeants et les DRH gagnent à passer d'une logique de gestion des arrêts à une logique de compréhension de ce qui les produit. Deux niveaux d'analyse se complètent.

La donnée RH : utile pour localiser, insuffisante pour expliquer

Les RH n'ont jamais eu autant d'indicateurs, et pourtant les difficultés à agir restent entières. L'enjeu n'est plus d'accumuler des données, mais de s'en servir pour cartographier l'absentéisme, comparer les services, suivre l'évolution dans le temps et anticiper. Les écarts entre populations montrent que c'est indispensable : les jeunes, les cadres et les femmes ne s'arrêtent ni pour les mêmes raisons, ni de la même façon.

Un suivi fiable des IJSS peut justement alimenter cette analyse : fréquence, durée, récurrence des arrêts, répartition entre services. Encore faut-il que ces données soient fiables et corrigées des erreurs courantes (DSN, prolongations d'arrêt). Et même fiables, elles montrent où se situent les absences, pas pourquoi elles surviennent. Une hausse des arrêts dans un service est un signal à analyser, pas un diagnostic.

L'organisation du travail : là où se trouvent souvent les causes

Les DRH nous le disent : ce qu'ils cherchent, c'est comprendre les causes profondes. L'absence relève parfois de situations individuelles, mais elle est le plus souvent la partie visible de difficultés liées au travail lui-même, à l'organisation, au management ou au collectif. Surcharge, arbitrages permanents, priorités contradictoires, manque de moyens, perte de sens : ces facteurs restent souvent invisibles, alors qu'ils nourrissent une large part des arrêts pour troubles psychologiques.

C'est pourquoi un plan de prévention durable doit croiser les indicateurs RH avec une analyse qualitative de l'organisation du travail.

Les actions à combiner

Une stratégie de prévention efficace s'inscrit dans la durée et combine plusieurs actions :

  • la QVCT, avec une mesure régulière et des actions concrètes ;
  • la prévention des risques psychosociaux ;
  • la formation des managers au repérage des signaux faibles, pour intervenir avant l'arrêt ;
  • un suivi de la fréquence et de la durée des arrêts, avec des réponses adaptées à chaque cas ;
  • une politique de contact pendant l'absence et de retour organisé ;
  • une attention particulière aux absences répétées, pour limiter l'absentéisme perlé et les prolongations ;
  • un accompagnement spécifique du retour après un arrêt long (temps partiel thérapeutique, aménagement de poste).

Un sujet qui dépasse la fonction RH

L'absentéisme ne se réglera pas s'il reste confiné au service RH. Il concerne aussi les managers, la direction générale, les salariés et les représentants du personnel, autour d'un dialogue social appuyé sur des données et des objectifs partagés. Les RH ont un rôle central de coordination. Mais leur confier le sujet entièrement, c'est prendre le risque qu'il ne soit jamais complètement traité.

Vous préférez confier tout ou une partie de la gestion de vos IJSS ?
Nos équipes récupèrent les IJSS non recouvrées et peuvent prendre en charge le suivi au quotidien.

Nous contacter

Questions fréquentes

Quel est le taux d'absentéisme en France en 2025 ?

4,76 % dans le secteur privé selon le Datascope 2026 d'AXA, soit une hausse de moitié par rapport à 2019. L'étude Malakoff Humanis, qui utilise une autre méthode, l'évalue à 4,3 %.

Qui est le plus touché par l'absentéisme ?

Les femmes ont le taux le plus élevé (5,8 %). Les plus fortes hausses concernent les moins de 35 ans (+10 % en un an) et les cadres (+8 %), selon AXA.

Les arrêts courts pèsent-ils beaucoup dans l'absentéisme ?

Non. Selon AXA, les arrêts de 1 à 3 jours représentent 44 % des arrêts en nombre, mais moins de 0,2 % du taux d'absentéisme. Ce sont les arrêts de plus de deux mois qui pèsent plus des deux tiers du taux global.

Combien coûte l'absentéisme à une entreprise ?

AXA l'estimait en 2024 à 5,3 % de la masse salariale en moyenne, en coûts directs. S'y ajoutent des coûts indirects (productivité, désorganisation, turnover), rarement chiffrés.

Quelle part des IJSS n'est jamais récupérée ?

Entre 15 et 20 % des IJSS avancées par les employeurs qui pratiquent la subrogation, selon les estimations de Spartes. Les IJ se prescrivent en 24 à 27 mois selon la date de l'arrêt.

Qu'est-ce que la subrogation des IJSS ?

C'est le mécanisme par lequel l'employeur maintient le salaire pendant l'arrêt et perçoit directement les indemnités journalières de la Sécurité sociale à la place du salarié.

Quelle est la durée maximale d'un arrêt de travail en 2026 ?

Depuis le 1er septembre 2026, 31 jours pour un arrêt initial et 62 jours par prolongation, sauf justification médicale.

Remboursement

Subrogation des IJSS : comment mieux piloter les recouvrements ?

11/3/2026

Depuis plus de 15 ans, l’absentéisme marque de son empreinte le paysage social français. Les constats se répètent inlassablement mais la dérive se poursuit : +41% d’absentéisme en 5 ans avec un allongement de la durée moyenne des arrêts (+7%, selon le Datascope 2025 d’AXA).

Conséquence directe, les services paie et RH doivent traiter un volume croissant d’Indemnités Journalières de Sécurité Sociale (IJSS) avec des enjeux financiers de plus en plus importants. Pour une entreprise de 1 000 salariés, cela représente plus de 1 200 arrêts maladie par an en moyenne, soit un encours de trésorerie de 600 000 à 800 000 euros à sécuriser.

Dans ce contexte, comment les DRH peuvent-ils optimiser le recouvrement des IJSS, tout en limitant les risques financiers ? Décryptage.

‍

Aujourd’hui, la subrogation relève autant d’un enjeu de performance financière que d’un enjeu de responsabilité sociale. Elle constitue un levier d’attractivité indéniable, capable de compenser parfois l'impossibilité de suivre les tendances inflationnistes des salaires.
Néanmoins, elle peut aussi devenir un "calvaire" administratif pour les équipes RH. Les réformes réglementaires récentes, pièges administratifs et délais serrés rendent ce processus de plus en plus complexe.

La subrogation des IJSS : un avantage collaborateur mais de fortes contraintes pour les services RH


La réalité du terrain est alarmante :

‍on estime à 20% les IJSS avancées qui ne sont jamais recouvrées.
Ce taux peut grimper à 30% selon les secteurs d’activité
, estime Christophe BOULON, Directeur Gestion de l'absence & risques professionnels.

Alors, pourquoi le système se grippe-t-il ?

Les "trous noirs" du recouvrement

On estime que le traitement des arrêts de travail représente entre 1,5 et 3 arrêts par an et par salarié à gérer en moyenne dans les entreprises. Chaque arrêt doit rapidement être saisi dans les différents systèmes et, les attestations qui suivent la réception de l’absence doivent être adressées à la Sécurité sociale dans les cinq jours.

Dans la réalité, les délais d’envoi des attestations à la Sécurité sociale peuvent être extrêmement variables. Même si la majorité est envoyée en moins de 14 jours, nous voyons certains envois fortement se décaler de la date de génération (jusqu’à 180 jours).

Pour les arrêts maladie (motif d’absence le plus fréquent) et les accidents de travail, nous restons sur des moyennes autour de 18 à 19 jours. En revanche, les absences pour paternité présentent un retard d’au moins 10 jours par rapport au plus rapide, qui est la maladie.

L'analyse technique des causes de rejet (estimations issues des données des Caisses, notamment de la CPAM des Yvelines) révèle également une réalité brute :

34% des échecs de remboursement sont dus à la non-réception de l'arrêt de travail par la Caisse.

Le salarié, bien qu'ayant prévenu son employeur, néglige souvent d'envoyer les volets 1 et 2 à la CPAM dans les 48 heures. Sans ce document, l'attestation de salaire DSN de l'employeur reste "orpheline" et le paiement est suspendu sine die.

26% des taux de rejet CPAM sont dus à un DJT (Dernier Jour de Travail) non cohérent.

La date du Dernier Jour de Travail permet l’instruction des conditions d’ouverture de droits, la détermination de la période de référence et le point de départ de l’indemnisation.

Lorsque le dernier jour de travail renseigné sur l'attestation de salaire n'est pas cohérent avec les informations du dossier, la CPAM ne versera pas les IJSS. Il est donc primordial de sécuriser cette partie du traitement et d'être en mesure d'identifier rapidement l'anomalie pour résoudre la situation dans les meilleurs délais.

Avec près d’un tiers des rejets de la Caisse, le DJT cristallise un certain nombre de difficultés. En règle générale, Le DJT correspond à la veille de l’arrêt de travail, indépendamment des jours de la semaine (weekends, jours fériés, congés payés) sauf si le salarié a travaillé le jour de la prescription d’arrêt.
Seulement, certains cas de figure peuvent entraîner des erreurs : enchainement des arrêts, enchainement des arrêts avec différents motifs, temps partiel thérapeutique, travail de nuit, arrêt suite à accident de travail, congé pathologique…

D'autres frictions apparaissent sur la discordance des dates (8% des cas estimés).

Un exemple fréquent : un arrêt se terminant le vendredi suivi d'une prolongation le lundi. Votre logiciel de paie peut y voir deux arrêts distincts et appliquer une nouvelle carence, alors que la CPAM accepte souvent la prolongation. Ces écarts de taux ou de dates bloquent le dossier et nécessitent des actions correctives manuelles extrêmement chronophages. On estime d'ailleurs que la gestion de ce recouvrement mobilise environ 0,5 ETP pour 1 000 salariés.

En analysant les rejets par motifs d’absence, le taux d’échec sur la première déclaration présente une forte variabilité :

  • Entre 35 et 40% du taux de rejet CPAM concernent les arrêts relatifs à la paternité et à l’accident du travail,
  • 14% du taux de rejet CPAM relèvent des arrêts maladie.

IJSS subrogées : une gestion complexe et chronophage

Nous estimons qu’en moyenne, le traitement de l’absence représente plus de 1 200 arrêts maladie par an en moyenne, l’équivalent de 0,5 ETP pour 1 000 salariés.

La gestion des IJSS subrogées est une activité volumique, avec des arrêts à traiter de manière discontinue. La charge de cette activité se situe autour d’un ETP pour 500 K€ d’IJSS à gérer par an.
Au sein des services RH déjà fortement sollicités, ce temps de traitement administratif est souvent sous-estimé. Il demande une assiduité et une organisation de production pour agir au plus tôt sur toutes les anomalies.

Nous l’avons vu, les erreurs peuvent être multiples et complexifiées par les différentes typologies de population de collaborateurs et certains cas de figure particuliers. Les gestionnaires doivent être capables de diagnostiquer les anomalies, qualifier les écarts en rapprochant les IJ paie et des IJ CPAM et suivre les remboursements.

Puis, ils doivent relancer rapidement les salariés et/ou les organismes sociaux pour corriger les erreurs (c’est-à-dire la CPAM compétente vs la domiciliation du salarié concerné).
Ils se heurtent alors aux disparités de capacité de traitement entre les CPAM qui ont d’autres priorités de gestion. Car, contrairement à une idée reçue, le remboursement des IJSS par la Sécurité Sociale n’est pas un mécanisme automatique. Les Caisses Primaires d’Assurance Maladie fonctionnent encore largement en mode manuel, ce qui génère des retards, surtout lors des pics épidémiques où les dossiers des salariés non subrogés sont traités en priorité.

On voit d’ailleurs que le délai moyen de versement des IJSS subrogées peut atteindre 42,16 jours (IJSS maternité subrogées 2024 - rapport n° 1971 de la Commission des affaires sociales de l’Assemblée nationale).

Ces difficultés de gestion RH s’illustrent encore au travers d’autres indicateurs parlants :

  • 75 jours d’encours moyen d’IJSS en France,
  • 10% environ des IJSS précomptées ne sont pas récupérées par les entreprises.

Le poids des enjeux financiers liés aux IJSS subrogées :

Les coûts indirects :

Ils reposent essentiellement sur la charge de travail liée aux traitements des IJSS subrogées par les services RH. Laquelle est proportionnellement inverse au taux de recouvrement constaté.

En moyenne, le coût du traitement de l’absence se situe à environ 7 / 7,50 € HT par bulletin de paie. Rapproché au prix de bulletin de paie (entre 15 et 20 € HT / bulletin), ce traitement peut donc peser autour de 50 % du coût de la paie.

Les coûts directs :

On considère que toute somme non recouvrée sous 6 mois a de fortes probabilités d'être définitivement perdue. Le risque financier ici, c’est bien la perte sèche des montants d’IJSS avancés. Dans le cas d’une entreprise subrogeant 1 000 salariés, avec 600 000 € à 1 M€ d’IJ par an et un taux de recouvrement avoisinant les 90% : 10% non récupérés signifient 100 000 € de perte.

Rappelons que, selon le type d’entreprise, 20% à 30% des IJSS ne sont jamais récupérées. Dans ce cas-là, si une entreprise ne pratique pas le précompte des IJSS, elle perd non seulement l'indemnité avancée, mais aussi les charges sociales indûment versées. Le coût du non remboursement devient alors 1,5 fois supérieur au montant de l'indemnité initiale.

L'effet domino sur la prévoyance

La fiabilisation des IJSS est le verrou de sécurité de la prévoyance puisqu’il existe un lien de dépendance absolue entre l'IJSS et l'Indemnité Journalière de Prévoyance (IJP).

L'organisme complémentaire conditionne le versement des IJP à la preuve de prise en charge par l'Assurance Maladie. Un dossier IJSS bloqué par une négligence du salarié (envoi tardif de l'arrêt) comme nous l’avons vu, entraîne mécaniquement le blocage de l'IJP.

Pour les hauts salaires ou les pathologies lourdes, l’enjeu est démultiplié car l'IJP peut être bien plus élevée que l'IJSS (plafonnée à 41,95 € bruts par jour, pour les arrêts débutant à compter du 1er février 2026). Un dossier IJSS bloqué paralyse l'ensemble de la chaîne d'indemnisation. De plus, les assureurs imposent souvent un délai de forclusion très strict (souvent 2 mois) pour l'ouverture du dossier. Dépasser ce délai par manque de suivi des IJSS, c'est condamner l'entreprise à une perte sèche sur l'intégralité du complément de salaire avancé.

Comment reprendre le contrôle de ses recouvrements IJSS ?

Le précompte : un levier pour fiabiliser le recouvrement des IJSS

En matière de gestion des absences en paie, il existe deux méthodes :

  • maintenir le salaire et traiter l’IJSS au moment du remboursement de la Sécurité Sociale. L’IJSS est alors déduite du maintien de salaire réalisé. Les charges sociales afférentes (payées sur 100% du salaire brut maintenu) sont reprises.
    Cette gestion a le mérite de la simplicité. Cependant, une IJ non remboursée ici n’est jamais retraitée et a de grandes chances de passer inaperçue. Le plus souvent, les charges sociales ne sont pas déduites et nous retombons sur le cas de figure, explicité plus haut, d’un surcoût associé au non remboursement d’IJSS.
  • appliquer l’approche dite du précompte. Pour le mois de l’absence constatée, elle consiste à simuler l’IJSS et à l’intégrer directement dans le bulletin de paie comme une IJSS brute non soumise à charge. Le maintien de salaire sera calculé à partir de ce précompte pour compléter le salaire jusqu’au montant conventionnel.

Lorsque l’IJSS est effectivement récupérée, l’entreprise ajuste l’IJSS perçue par rapport à l’IJSS précomptée. Le précompte a l’avantage d’offrir une bonne visibilité aux équipes RH sur le montant des IJSS attendues et d’établir une balance précise (IJ précomptée versus remboursée).

Il permet également d'isoler la part de rémunération exonérée de cotisations et de n'appliquer les charges que sur le complément de salaire. A titre d’exemple, pour un salarié avec un salaire brut de 3 000 € par mois, l’IJSS brute maximale en 2026 est de 41,95 € par jour (plafond fixé à 1,4 SMIC, contre 1,8 SMIC auparavant).
En appliquant le précompte, l’entreprise isole cette part exonérée de cotisations et n’applique les charges que sur le complément de salaire. Une économie qui peut faire la différence sur un exercice complet.

Vers une gestion active des IJSS

Pour atteindre un taux de recouvrement supérieur à 98 %, l'entreprise doit passer d'une gestion subie à un pilotage actif des IJSS :

Les prolongations et risques de doublons :

En cas de prolongation d’arrêt de travail d’un salarié, il est inutile de transmettre à la CPAM une nouvelle attestation de salaire. Cette démarche peut générer des erreurs et augmente la charge de travail des équipes paie. L’attestation initiale suffit pour poursuivre l’indemnisation dans la limite de 6 mois.

Dans le cas de signalement d’évènement en DSN, l’attestation de salaire est reconstituée automatiquement à partir des données présentes dans la DSN mensuelle. L’employeur n’a pas à saisir d’attestation en parallèle sur Net-Entreprises.

Cela crée des doublons, génère des erreurs et augmente le délai de traitement des dossiers par la Caisse.

Une vérification de conformité systématique

Les rapprochements même complexes entre les IJ paie et les flux Net-Entreprises doivent être systématiquement réalisés. Il est impératif de confronter mensuellement les IJ attendues en paie avec les bordereaux de paiement réels consultables sur Net-Entreprises.

Les remontées d’information via la DSN (CRM) sont à suivre très régulièrement. Ces processus de veille active des IJSS subrogées permettent :

  • de traiter les anomalies au fil de l’eau,
  • de mettre en exergue les retards de paiement et les montants concernés,
  • de planifier les relances nécessaires, du côté collaborateurs comme du côté Caisses.

Au-delà de la conformité, la mise en place de processus de gestion robustes, adossés à des équipes RH formées, peut donner lieu à la création d’indicateurs de suivi spécifiques de performance comme : le taux de recouvrement, le temps de traitement des demandes, les montants recouvrés, les montants à recouvrer, le volume d’IJSS perdu, etc.

Une attention particulière à donner aux règles « les plus techniques » :

Le Dernier Jour Travaillé (DJT) :

Nous l’évoquions précédemment, le DJT est un point critique de rejet (estimation : 2% des cas). De manière générale, le DJT correspond au dernier jour de travail du collaborateur, soit la veille de l'arrêt.

Mais, différents cas de figures complexifient l’appréhension de cette règle :

  • Salarié ayant travaillé le jour de l'arrêt : Si le salarié est venu travailler avant de voir son médecin, le DJT doit être fixé au jour même de la prescription. L'employeur doit cette journée, et la CPAM ne commence l'indemnisation qu'ensuite.
    ‍
  • Travail de nuit : Si un salarié ne vient pas travailler pour son poste de 20h, le DJT est la veille. S'il devait travailler après minuit (par exemple à 2h du matin) et ne vient pas, le DJT reste également la veille.
    ‍
  • Week-end et congés : Pour un arrêt débutant un samedi, le DJT est le vendredi. S'il débute un lundi et que le salarié ne travaille pas le dimanche, le DJT est le dimanche. La règle est que le DJT soit la veille de la prescription, sauf si le salarié a travaillé le jour de l'arrêt.
    ‍
  • Accident du travail (AT) : Si l'arrêt est immédiat après l'accident, le DJT est le jour même. Si le salarié travaille quelques jours avant de s'arrêter, le DJT est la veille de l'arrêt.
    ‍
  • Enchaînement d'arrêts : En cas de prolongation ou de changement de motif (exemple : maladie puis accident du travail) sans reprise de travail, le DJT doit rester strictement identique sur toutes les attestations de salaire successives.
    ‍
  • Temps partiel thérapeutique : Le DJT correspond à la veille de l'arrêt à temps plein qui le précède, ou à la veille du début du temps partiel.
Le Solde de Tout Compte (STC) :

Lors du départ d'un collaborateur, une vérification des IJ à recevoir est cruciale. Si des sommes sont bloquées par la faute du salarié, une reprise en paie doit être pratiquée pour neutraliser la créance avant l'extinction du contrat.

La maternité, la paternité et le congé pathologique

Pour le congé maternité, paternité et d’accueil de l’enfant, deux conditions doivent être réunies : une affiliation de 6 mois à l'Assurance Maladie et avoir travaillé 150 heures au cours des 3 mois précédents (ou 600 heures sur 12 mois pour les saisonniers, ou avoir cotisé sur un salaire brut équivalent à 1 015 fois le SMIC horaire au cours des six mois précédant cet arrêt).

Concernant le congé pathologique, il est de 14 jours maximum. Il est indemnisé comme la maternité et sans carence. Si un médecin prescrit plus de 14 jours, la CPAM enregistre 14 jours en pathologique et bascule le reste en maladie. Dans ce cas, l'employeur doit envoyer un signalement spécifique "maladie" pour le surplus, ce qui déclenchera l'application du délai de carence.

Ce type d’absence appelle des points de vigilance particuliers :

  • en cas d’enchainement d’arrêts pour des motifs différents, il faut étendre la date de subrogation sur toute la période pour éviter les doubles paiements (précompte en paye et versement direct de la CPAM au salarié).
    ‍
  • pour un report de congé maternité, il faut impérativement obtenir l'accord préalable de la CPAM avant de modifier les dates, sous peine de créer des écarts d'indemnisation.
Le Salaire Journalier de Base (SJB) :

Le SJB joue un rôle central dans le recouvrement des IJSS subrogées. Sa maîtrise est indispensable pour toute organisation souhaitant optimiser et sécuriser le recouvrement de ses IJSS.

Le fondement du calcul des IJSS se base en effet sur le SJB. Ce dernier est déterminé par la Caisse Primaire d'Assurance Maladie sur la base des salaires bruts perçus par le salarié au cours des trois derniers mois précédant l'arrêt de travail (ou des douze derniers mois pour les salariés à revenus irréguliers). Il est calculé en divisant le salaire brut de référence par 91,25 jours (soit 365/4), plafonné à 1,4 fois le SMIC journalier (hors IJSS AT/MP : voir le mémo en fin d’article).

Ce salaire journalier, une fois pondéré par un taux de remplacement de 50% détermine le montant brut des IJSS versées. Dans le cadre de la subrogation, le SJB devient alors un indicateur financier critique à deux niveaux.

D'abord, il conditionne directement le montant des IJSS que l'employeur percevra en remboursement. Une mauvaise déclaration des éléments de rémunération — primes exceptionnelles mal intégrées, éléments variables omis, assiette tronquée, inclusion de primes exonérées de cotisations — se traduira mécaniquement par un SJB sous-évalué, donc par des IJSS inférieures à ce que l'entreprise est en droit de percevoir. Ce différentiel constitue une perte sèche non récupérable a posteriori.

Ensuite, la comparaison entre le SJB retenu par la CPAM et le salaire maintenu par l'employeur permet de détecter d'éventuelles anomalies. Il n'est pas rare que des erreurs de calcul de la caisse, des périodes de référence mal appréhendées ou des plafonnements incorrectement appliqués conduisent à des versements insuffisants. Seul un suivi rigoureux du SJB théorique — reconstitué par le service RH ou la paie — permet d'identifier ces écarts et d'engager des demandes de rectification dans les délais de prescription.

D’autant que le SJB peut influencé par des absences intervenues durant les 3 mois précédant l’arrêt (congé sans solde, arrêt maladie, activité partielle, absence injustifiée…), par une pluriactivité (calcul sur l’ensemble des salaires perçus), un temps partiel thérapeutique (calcul partir du salaire précédant l’arrêt initial), par des rappels de salaires…

La vigilance autour du SJB revêt une importance financière considérable, notamment dans les secteurs à forte sinistralité ou à effectifs importants. Un SJB systématiquement sous-évalué peut représenter, à l'échelle d'une entreprise, des dizaines de milliers d'euros de pertes annuelles sur les remboursements IJSS.
À l'inverse, une maîtrise fine de cet indicateur — couplée à une bonne gestion des attestations de salaire transmises à la CPAM — constitue un levier de performance RH et financière non négligeable.

Par ailleurs, la fiabilité du SJB conditionne aussi la bonne application des clauses de maintien de salaire prévues par les conventions collectives ou les accords d'entreprise, lesquelles articulent souvent le niveau de complément employeur au montant des IJSS perçues. Une erreur sur le SJB peut ainsi générer, par effet de cascade, soit un trop-perçu salarial exposant l'entreprise à un risque de redressement, soit un sous-paiement ouvrant droit à contestation par le salarié.

Le SJB est donc un pivot autour duquel s'articulent la qualité du recouvrement des IJSS subrogées, la conformité des obligations de maintien de salaire et la maîtrise de la masse salariale lors des absences. Sa surveillance active, sa vérification systématique et sa reconstitution rigoureuse par les équipes paie et RH sont des impératifs de gestion et de sécurisation de trésorerie que toute organisation ne peut plus négliger.

‍

Si la subrogation des IJSS est un puissant vecteur de marque employeur et de paix sociale, elle exige désormais une rigueur chirurgicale. Fiabiliser ses recouvrements, c'est avant tout protéger ses marges et s'assurer que cet investissement social ne devienne pas une dérive budgétaire incontrôlée. Car les montants en jeu sont considérables.

En réalité, le recouvrement des IJSS n'est jamais acquis. Les entreprises qui sauront automatiser leur suivi des IJSS subrogées, former leurs équipes et anticiper les évolutions réglementaires éviteront des recouvrements mal maîtrisés entraînant des pertes financières récurrentes, une charge administrative croissante et une perception incomplète des coûts sociaux réels.

‍

Mémo | les évolutions à intégrer dans la gestion des IJSS :

  • Le plafond de calcul des IJSS maladie est passé de 1,8 à 1,4 SMIC, soit un montant maximal de 41,95 € par jour (contre 52,28 € en 2024).
    ‍
  • les IJSS AT/MP sont plafonnées à 240,49 €/jour pendant les 28 premiers jours d'absence, et 320,66 €/jour à partir du 29e jour.
    ‍
  • Le SMIC a été revalorisé à 12,02 € de l’heure (1 823,03 € brut par mois), ce qui modifie les plafonds de calcul des indemnités.
    ‍
  • La durée de versement des IJSS pour accidents du travail (AT/MP) sera plafonnée à partir de 2027 (pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027), une mesure à anticiper dès maintenant.

Questions fréquemment posées

Trouvez des réponses rapides à vos questions.

Comment garantissez-vous la sécurité des données ?

La sécurité des données de nos clients est notre priorité absolue. Les données sont stockées avec des protocoles avancés de cryptage et de sauvegarde chez Google France. Les données sont accessibles uniquement par des utilisateurs autorisés. Klem est conforme aux normes RGPD et suit les directives de ISO27001 et de la CNIL en matière de sécurité des données et sécurité informatique. Klem évolue constamment pour respecter les changements réglementaires et les lois en vigueur.

Quels types de support et de formation offrez-vous ?

Nous proposons un service client complet comprenant une équipe de customer success (interlocuteur dédié) ainsi qu’une assistance via email et tchat - accessible à partir de l’interface Klem. Tous nos clients bénéficient d’un parcours d’onboarding personnalisé et d’une formation dédiée à la prise en main de l’outil. Klem propose également une bibliothèque de ressources pour aider nos clients à tirer le meilleur parti de notre logiciel. Notre équipe d'experts est toujours prête à vous assister pour toute question ou besoin.

Quels sont les avantages de Klem ?

Klem présente des nombreux avantages en termes de productivité, d’efficacité, de réduction de couts et de gains financiers.  Proposé en mode SaaS, le logiciel Klem permet de structurer et fiabiliser l’ensemble du processus de gestion des arrêts de travail : de la déclaration à la récupération des IJSS. Son tableau de bord fournit en temps réel une vision exhaustive de l'état et l’avancement de chaque dossier : motif et durée de l’arrêt, montants récupérés, montants à recouvrer. En suivant les dossiers en flux tendu, Klem vous guide pour identifier rapidement les erreurs, incohérences et remboursements en difficulté, permettant des actions proactives et ciblées.

Comment Klem est-il connecté aux autres services ?

Klem permet de centraliser la gestion des arrêts de travail et recouvrement des IJSS sur une plateforme unique. En saisissant vos accès Net Entreprises dans Klem, l’outil va récupérer automatiquement tous les BPIJ (bordereaux de paiement des indemnités journalières) de vos collaborateurs. Chaque BPIJ sera relié à l’arrêt du collaborateur et viendra réduire la somme de l’arrêt à rembourser. Vous pouvez également importer via un espace dédié et sécurisé votre DSN chaque mois pour s’assurer que les dossiers salariés soient à jour et pour renseigner toutes les données de paie.